Octobre Rose est l'occasion de faire le point, simplement. Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme, mais c'est aussi l'un de ceux qui se soignent le mieux lorsqu'il est découvert tôt. Pourtant, en France, moins d'une femme sur deux participe au dépistage organisé. Voici l'essentiel à savoir, et à partager.
Les chiffres à connaître
- 61 214 nouveaux cas en 2023 en France métropolitaine : c'est le premier cancer chez la femme (un tiers des cancers féminins).
- Environ une femme sur huit sera concernée au cours de sa vie.
- 8 cancers du sein sur 10 surviennent après 50 ans.
- 12 765 décès en 2023 : il reste la première cause de décès par cancer chez la femme.
- La survie progresse : 88 % à 5 ans (contre 80 % au début des années 1990), et la mortalité baisse d'environ 1,5 % par an.
- Détecté tôt, un cancer du sein peut être guéri dans 9 cas sur 10.
Le dépistage organisé : de 50 à 74 ans, tous les 2 ans
Si vous avez entre 50 et 74 ans, sans symptôme ni risque particulier, l'Assurance Maladie vous invite tous les deux ans à faire une mammographie de dépistage.
- Une mammographie et un examen clinique des seins, chez le radiologue agréé de votre choix.
- Si les images sont normales, elles sont relues par un second radiologue : c'est la double lecture, une sécurité propre au dépistage organisé.
- L'examen est pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans avance de frais, sur présentation de l'invitation et de la carte Vitale.
- L'invitation arrive par courrier, les relances passent par le compte ameli. Pas reçue ou égarée ? Elle est disponible sur votre compte ameli, et votre médecin traitant ou votre CPAM peuvent vous en redonner une.
Selon une estimation de l'Institut national du cancer publiée en mars 2026, le dépistage a permis d'éviter environ 23 000 décès en France entre 2004 et 2018. Pourtant, seules 45,7 % des femmes concernées ont participé au dépistage organisé en 2024-2025. Certaines se font dépister en dehors du programme, sur prescription : l'essentiel est d'être à jour.
Avant 50 ans : ce qui est recommandé, ce que je propose
Les recommandations officielles françaises conseillent un examen clinique des seins (observation et palpation) par un médecin, un gynécologue ou une sage-femme tous les ans à partir de 25 ans. Elles ne prévoient pas de mammographie systématique avant 50 ans chez les femmes sans risque particulier.
Dans ma pratique, je propose une première mammographie dès 40 ans, puis un suivi à un rythme adapté à chaque femme. En cas d'antécédent familial au premier degré (mère, sœur ou fille ayant eu un cancer du sein), je la propose plus tôt, parfois dès 35 ans. C'est une décision prise avec chaque patiente, après avoir évalué son niveau de risque.
Ce choix rejoint l'évolution des recommandations : aux États-Unis, une mammographie tous les deux ans est recommandée dès 40 ans depuis 2024, et la Haute Autorité de santé étudie depuis février 2026 l'élargissement du dépistage organisé aux femmes de 45 à 49 ans (et de 75 à 79 ans). Aucune décision n'est prise en France à ce jour. Avant 50 ans, la mammographie est prescrite par votre médecin et remboursée dans les conditions habituelles, en dehors du programme organisé.
Les signes qui doivent faire consulter sans attendre
Quel que soit votre âge, et même si votre dernière mammographie était normale, consultez en cas de :
- une boule ou une grosseur dans un sein ou sous un bras ;
- une modification de la peau du sein : rougeur, aspect en peau d'orange, creux ou rétraction ;
- un mamelon qui se rétracte, change d'aspect ou présente un écoulement ;
- un changement de taille ou de forme d'un sein.
Le plus souvent, ces signes ne correspondent pas à un cancer. Mais ils méritent toujours un avis médical.
Antécédents familiaux, traitement hormonal : un suivi renforcé
Si votre mère, votre sœur ou votre fille a eu un cancer du sein ou de l'ovaire, ou si une mutation génétique (BRCA1, BRCA2…) est connue dans votre famille, le dépistage standard peut ne pas suffire. Un suivi spécifique, plus précoce et parfois avec d'autres examens, peut être proposé. Votre médecin évalue votre niveau de risque et, si besoin, vous oriente vers une consultation d'oncogénétique.
Sous traitement hormonal de la ménopause (THM), le suivi doit être strict :
- avant de commencer : un examen clinique complet, avec examen des seins, recherche des antécédents familiaux et une mammographie à jour ;
- pendant le traitement : un examen des seins chaque année et des mammographies régulières, sans attendre l'invitation du dépistage organisé ;
- au moins une fois par an : une réévaluation du traitement (dose, durée, intérêt de le poursuivre) avec votre médecin ;
- à tout moment : signalez sans attendre toute modification d'un sein.
Prévention : ce qui dépend de nous
Près de 20 000 cancers du sein pourraient être évités chaque année en France, soit environ un sur trois. Les leviers les mieux établis :
- Limiter l'alcool : il serait en cause dans environ 15 % des cancers du sein, et il n'existe pas de consommation sans risque. Chaque verre compte.
- Bouger : au moins 30 minutes d'activité physique par jour (marche rapide, vélo, natation…).
- Garder un poids stable, en particulier après la ménopause : le surpoids serait en cause dans environ 8 % des cas.
- Ne pas fumer.
- Allaiter, lorsque c'est possible et souhaité, a un effet protecteur.
- Traitement hormonal de la ménopause : bénéfices et risques sont à évaluer avec votre médecin, avec un suivi strict des seins tant que le traitement dure.
Ces gestes réduisent le risque sans le supprimer : ils ne remplacent pas le dépistage.
En parler entre amies, en famille, au travail
Une invitation reçue par courrier finit parfois sous une pile. Une simple question entre amies peut aider à franchir le pas. Quelques idées pour Octobre Rose :
- Posez la question à deux ou trois amies ou collègues : « Tu es à jour de ton dépistage ? »
- Prenez rendez-vous le même jour, et allez-y ensemble.
- Partagez cet article à la pause café ou dans la messagerie de votre équipe.
- Proposez à votre entreprise (ressources humaines, service de santé au travail) un temps d'information pendant Octobre Rose.
- Pensez aux femmes de votre entourage qui ont 50 ans ou plus : mère, tante, voisine.
Faire le point au Centre Médical Foch
Vous ne savez pas si vous êtes à jour, vous avez des antécédents familiaux, ou vous souhaitez simplement poser vos questions ? Le Dr Laurent MAMY vous reçoit au Centre Médical Foch pour une consultation de prévention : examen clinique des seins, évaluation de votre niveau de risque et, si nécessaire, orientation vers la mammographie ou un suivi adapté.
Centre Médical Foch, 31 avenue Foch, 94100 Saint-Maur-des-Fossés. Téléphone : 01 83 75 02 50. Rendez-vous en ligne sur Doctolib.
En résumé
- De 50 à 74 ans : une mammographie tous les 2 ans, prise en charge à 100 %.
- Dès 25 ans : un examen des seins chaque année par un professionnel de santé.
- Dans ma pratique : une première mammographie dès 40 ans, plus tôt (parfois dès 35 ans) en cas d'antécédent familial au premier degré.
- Sous traitement hormonal de la ménopause : un suivi strict, et une réévaluation au moins une fois par an.
- Un signe inhabituel ? Consultez sans attendre, quel que soit votre âge.
- Moins d'alcool, plus d'activité physique : des gestes qui protègent.
- Parlez-en autour de vous : une simple question peut aider une amie à se faire dépister.
Note. Cet article a une visée informative et ne remplace pas une consultation médicale. Pour toute question sur votre situation, parlez-en à votre médecin.
Sources
- INCa — Épidémiologie des cancers du sein (mise à jour juillet 2026)
- Santé publique France — Participation au dépistage organisé du cancer du sein en 2024-2025 (juillet 2026)
- INCa — Je fais mon dépistage : cancers du sein
- Santé.fr (INCa) — Cancer du sein : quels examens et à quel âge ?
- HAS — Élargir les bornes d'âge du dépistage organisé du cancer du sein : note de cadrage (2026)
- USPSTF (États-Unis) — Breast Cancer Screening : mammographie tous les 2 ans de 40 à 74 ans (2024)
- Vidal — Traitements hormonaux de la ménopause : la HAS confirme leur place (surveillance et réévaluation annuelle)
- HAS — Dépistage spécifique des femmes à haut risque
- Le Quotidien du Médecin — Le dépistage aurait évité 23 000 décès entre 2004 et 2018 (INCa, mars 2026)
- AP-HP — Le cancer du sein (une femme sur huit, 9 guérisons sur 10 si détection précoce)