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🧬Santé des femmes

Le SOPK devient le SMOP : ce que ça change pour les patientes

Par Dr Laurent MAMYJuin 2026

Depuis le 12 mai 2026, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) porte un nouveau nom : le SMOP, pour « syndrome métabolique ovarien polyendocrinien ». Ce changement a été annoncé lors du Congrès européen d'endocrinologie de Prague et publié dans la revue médicale The Lancet. Il est l'aboutissement de plus de dix ans de travail associant chercheurs, médecins et patientes, et a été validé par plus de 50 sociétés savantes internationales.

Pourquoi changer un nom connu depuis des décennies ?

Le terme « polykystique » était devenu trompeur. Ce que l'on observe à l'échographie n'est pas constitué de véritables kystes, mais de follicules immatures — de petites structures contenant des ovocytes dont le développement s'est arrêté trop tôt. De nombreuses patientes concernées n'ont d'ailleurs aucune anomalie visible des ovaires. En mettant les ovaires au centre du tableau, l'ancien nom masquait tout le reste : les dimensions hormonale, métabolique, cutanée, cardiovasculaire et psychologique de la maladie.

Le nouveau nom, décrypté

  • Syndrome : un ensemble de signes qui varient beaucoup d'une femme à l'autre.
  • Métabolique : la grande nouveauté — résistance à l'insuline, prise de poids, risque accru de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires.
  • Ovarien : les ovaires restent impliqués (troubles de l'ovulation, excès d'hormones masculines), mais ne sont plus présentés comme le seul épicentre.
  • Polyendocrinien : plusieurs systèmes hormonaux sont concernés, pas uniquement les ovaires.

Est-ce que mon diagnostic change ?

Non. Si vous avez déjà un diagnostic de SOPK, il reste entièrement valable. Les critères diagnostiques (dits « de Rotterdam ») n'ont pas changé : le diagnostic repose toujours sur la présence d'au moins deux de ces trois éléments — des cycles irréguliers ou une absence d'ovulation, un excès d'hormones masculines (signes cliniques comme l'acné ou la pilosité, ou dosage sanguin), et un aspect particulier des ovaires à l'échographie ou un taux d'AMH élevé. Vos examens, vos traitements et votre suivi restent identiques. Pendant une période de transition de trois ans, jusqu'en 2028, les deux termes SOPK et SMOP seront utilisés en parallèle.

Une maladie fréquente et souvent méconnue

Le SMOP concerne environ 10 à 13 % des femmes en âge de procréer, soit près d'une femme sur huit. C'est la première cause d'infertilité féminine. Pourtant, on estime que jusqu'à 70 % des femmes concernées ne sont pas diagnostiquées.

Quels symptômes peuvent alerter ?

  • Des cycles irréguliers, très espacés, voire une absence de règles
  • Des difficultés à concevoir
  • De l'acné persistante ou une pilosité excessive (visage, corps)
  • Une prise de poids ou des difficultés à en perdre
  • Une fatigue, parfois une baisse de moral ou de l'anxiété

Ce que le nouveau nom change concrètement pour votre suivi

Le mot « métabolique » invite les médecins à élargir le bilan : au-delà des cycles, il devient logique de surveiller le poids, la glycémie, l'insuline, le bilan lipidique et la tension artérielle, et de prendre en compte le bien-être psychologique. L'objectif est de mieux repérer la maladie, plus tôt, y compris chez les adolescentes, et de prévenir les complications à long terme.

La prise en charge : l'hygiène de vie en premier

Quel que soit le profil, l'hygiène de vie reste la pierre angulaire : alimentation équilibrée, activité physique régulière, sommeil et gestion du stress. Selon les situations, des traitements peuvent être proposés pour régulariser les cycles, réduire l'excès d'hormones masculines, améliorer la sensibilité à l'insuline ou accompagner un désir de grossesse. La prise en charge se construit avec vous, au cas par cas.

En résumé

  • Le SOPK s'appelle désormais SMOP (syndrome métabolique ovarien polyendocrinien).
  • C'est la même maladie : votre diagnostic et votre suivi ne changent pas.
  • Le nouveau nom reflète mieux sa réalité : un trouble hormonal et métabolique global.
  • L'essentiel : un suivi régulier et une bonne hygiène de vie.

Note. Cet article a une visée informative et ne remplace pas une consultation médicale. Pour toute question sur votre situation, parlez-en à votre médecin.

Aller plus loin

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